Valentin Auwercx – Biographe

Valentin Auwercx

Auteur Biographe

 Passion est passivité de l’âme et activité du corps.

C’est sur les mots de René Descartes que j’ai entamé mon tout premier discours, face à une classe de collégiens plus intrigués par leurs cuticules que par ma prestation à venir. J’avais 13 ans, des cheveux plaqués par une tartine de gel, de grosses lunettes cernées sur le nez et de profondes difficultés à me projeter dans l’avenir. Comme pas mal de gamins de mon âge, je n’avais pas vraiment d’ambition et me laissais porter par l’argumentation parentale : « travaille bien à l’école si tu veux réussir ta vie ! ». 

Facile à dire… 

Comment se motiver à marcher quand on ne connaît pas la destination ? Et réussir sa vie, qu’est-ce que ça signifie, au juste ? Gagner beaucoup d’argent ? Avoir le job de ses rêves ? Remplir toutes les cases du citoyen modèle ? Contribuer à un monde meilleur ? Je n’en savais rien – ce qui faisait de moi un élève plutôt moyen. Je me contentais de l’effort minimum, du levé de genoux nécessaire pour emprunter la marche supérieure. On me disait fainéant, mais j’étais juste perdu.

Je n’allais nulle part, j’errais sans but, jusqu’à ce que je découvre la direction à prendre. Quelle ironie quand on y pense, il m’a fallu écrire un discours sur la passion pour mettre le doigt dessus.

Ça s’est passé en octobre 2004.

Mon collège accueillait un concours départemental d’éloquence sur le thème de la passion, et les professeurs cherchaient des volontaires. Je portais déjà de l’intérêt pour les jolies phrases et les belles histoires à l’époque, donc je m’y suis inscrit. J’ai pris énormément de plaisir à la rédaction de mon texte, mais le grand timide que j’étais craignait vivement sa présentation. J’y ai été contraint. Le rouge aux joues, les oreilles chaudes et les jambes en guimauve, je me suis tenu droit sur l’estrade, face au reste de la classe. J’ai entamé mon allocution d’une voix à peine audible. Ma professeure de Français a réclamé que je recommence et que je hausse le ton. J’ai pris sur moi et me suis concentré uniquement sur mon texte, ignorant le regard critique de mes camarades.

Mon discours n’a pas duré assez longtemps – moins des cinq minutes requises pour une éventuelle qualification à l’étape suivante, mais ça n’avait aucune importance. Lorsque j’ai prononcé le point final, je ne m’attendais pas à grand-chose. Et pourtant, j’ai récolté un tonnerre d’applaudissements. Tous les élèves de ma classe m’ont chaudement félicité. Ma professeure de français s’est levée pour me remercier. Elle a sorti un mouchoir de sa poche. Elle avait les larmes au yeux. Je n’arrivais pas à y croire. Tout le monde avait été bluffé par ma prestation. J’avais lu mon texte d’une langue maladroite, je m’étais senti ridicule, mais j’étais malgré tout parvenu à faire vibrer la corde sensible de mon public. Cet instant a marqué mon existence.

Ce jour-là, j’ai compris deux choses. D’une, il fallait être passionné pour être doué. De deux, la prose, c’était mon truc.

Mon intérêt pour les mots et la pensée s’est confirmé lorsque j’ai découvert la philosophie au lycée. Mon regard a changé sur le monde, et j’ai commencé à participer à de nombreux forums d’écriture.

Au cours des années suivantes, j’ai réalisé que je n’étais pas fait pour les études. J’avais besoin de liberté, j’étais pressé d’être confronté aux débâcles de la vie. J’étais persuadé qu’être largué dans le vaste monde me renforcerait – allez savoir pourquoi. J’ai donc lâché la corde scolaire dès que j’ai pu. Après avoir obtenu mon bac, j’ai quitté mes parents et j’ai pris le train pour emménager à Nantes. Je n’avais pas le moindre sou de côté, alors j’ai accepté le premier job qui s’est présenté – le premier d’une longue liste. J’ai enchaîné les boulots alimentaires durant une petite dizaine d’années. Serveur, cuisinier, livreur, commercial, responsable d’équipe, mécanicien, câbleur, ajusteur-monteur en aéronautique… Je me suis très vite ennuyé à chacun de ces postes. Je savais que j’y perdais mon temps, mais je savais aussi que c’était provisoire, qu’un jour ou l’autre, je finirais par vivre de ma passion qu’est l’écriture. Avec le temps et beaucoup de travail, j’ai fini par y arriver.

En 2016, l’une de mes histoires remporte un « Wattys », premier prix d’une célèbre plateforme de rédaction. En 2017, je pose un pied dans le monde de l’édition.

Depuis, j’ai publié plusieurs ouvrages. Si je condamne les travers de notre société à travers les genres de la science-fiction, de la fantasy et du thriller, je participe également au bien-être d’un chacun en partageant mes expériences et mes rencontres dans des livres de développement personnel. Alerter et guider, tel est mon credo d’écrivain. Je mets le doigt sur ce qui ne va pas, et je le lève pour montrer dans quelle direction ça pourrait aller mieux. C’est le sens que j’ai donné à ma plume, ma façon d’être utile – en quelque sorte. 

Aujourd’hui, j’ai 33 ans.

Je suis auteur, mais aussi biographe. Je pense que l’histoire de tous, c’est avant tout l’histoire d’un chacun. C’est pourquoi j’ai fait le choix de prêter ma plume à qui souhaite écrire le sens de son existence, transmettre son vécu, ses expériences. En tant que biographe, j’apprends énormément sur ce que peut être chaque vie. Je fais des rencontres formidables et tisse des liens profonds. C’est une expérience enrichissante, un partage sincère, une leçon d’humilité.

Chaque vie est unique, chaque histoire mérite d’être racontée  même la vôtre, surtout la vôtre.

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